Category: Voyages immobiles

Le temps ne fait rien à l’affaire : anthologie de la connerie

diner de cons

Croyez-moi si vous voulez : je n’ai pas fait que manger, cet été. J’ai lu, aussi.

Probablement inspirée par mes voisins qui entassent trottinettes, poussettes et vélos devant la porte de mon appartement, par les CONducteurs et les CONStructeurs jusque dans mon immeuble, j’ai amassé dans ce que les blogs littéraires appellent ma PAL (Pile À Lire, pour les intimes), un florilège d’ouvrages dont le dénominateur commun est la bêtise.

Verdict sans CONcessions.

Mort aux cons – Carl Aderhold

Que celui qui n’a jamais eu de violentes pulsions de meurtre dans le métro ou au travail me jette la première pierre. La seule différence avec vous dans les transports en commun et le pourtant très moyen – mais néanmoins humain et attachant – héros de ce roman, c’est que lui ne réprime pas ses élans criminels, convaincu qu’il est de la noblesse de sa cause qui le conduit à éliminer systématiquement les abrutis dans l’intérêt général, puis captivé par la typologie des cons qu’il établit en parallèle.

Écrit avec un style certain et un humour mordant, Mort aux cons se dévore autant comme une fiction que comme un essai au croisement de la philosophie et de la sociologie. N’ayons pas peur des mots, c’est un Crime et châtiment moderne, brillant et jubilatoire. Je mets ici fin aux superlatifs élogieux que je pourrais enchaîner sous peine de mériter moi aussi une sentence capitale de la part du protagoniste principal. Ne passez pas à côté.

Comment je suis devenu stupide – Martin Page


Depuis que je (re)prends le métro quotidiennement, je prise tout particulièrement les petits romans qui ne déformeront pas mon sac à main et ne se formaliseront pas de la perte de concentration qu’implique le changement de station. Comment je suis devenu stupide est de ceux-là, et c’est probablement un des meilleurs sur lesquels j’ai jeté mon dévolu.

Antoine est jeune, fauché, cultivé et surdiplômé. Convaincu que son intelligence est la source de tout ses problèmes, qui l’empêche de profiter des plaisirs simples de la vie sur lesquels il ne peut s’empêcher de porter un regard critique, ou encore de réussir socialement en raison de ses valeurs morales, il décide d’abord d’apprendre l’alcoolisme, puis de mettre fin à ses jours. Suite à plusieurs échecs cuisants, il se résout à devenir idiot.

C’est fantaisiste, bien écrit, un peu court peut-être, mais réjouissant. On en redemande, et cela tombe bien, ce n’est que le premier roman de Martin Page.

Maudit Karma – David Safier

À l’inverse de Mort aux cons ou de Comment je suis devenu stupide, Maudit karma part d’une bonne idée sur le principe (une présentatrice de télé carriériste, adultère et égoïste doit regagner des points de karma au fil de ses incarnations en animaux, aux côtés des réincarnations de Casanova, pour retrouver sa famille qu’elle a négligée), mais fort mal exécutée.

De deux choses l’une : soit l’auteur a un style d’écriture digne des plus mauvais spécimens de la chick lit de base, soit c’est fort mal traduit de l’allemand. Accordons le bénéfice du doute à ce monsieur, et ajoutons que si la curiosité de savoir ce qui arrive à l’insupportable Kim Lange et au déjà plus attachant Casanova nous emmène malgré un certain agacement au bout du bouquin, on se serait bien passé des personnage caricaturaux.

Je n’irais pas jusqu’à dire « abstenez-vous », après tout cela peut être un bon livre pour la plage. Enterré sous le sable. Le livre.

D’autres conseils lecture pour finir l’été ?

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Le congrès : animated food for thought

le congresSi je devais comparer Le congrès, ce serait à L’odyssée de Pi, pour son côté allégorique et sa recherche visuelle. Le congrès n’est pas un film comme on a l’habitude d’en voir. Oubliez vos clichés sur l’animation, et si comme moi, la bande-annonce vous intriguait, sachez que dans son intégralité le film vous déconcertera plus encore que vous ne pouviez l’imaginer.

Robin Wright, port altier et beauté digne, y joue son propre rôle : celui d’une actrice vieillissante dont la carrière menace de toucher à sa fin si elle refuse de se laisser scanner pour céder sa place et ses choix de films à son avatar animé. Après 20 ans qu’elle passe à se consacrer à ses enfants (dont son fils atteint du syndrome d’Usher qui le rend progressivement sourd et aveugle), elle se rend au congrès de sa major, et découvre un univers entièrement animé où la frontière entre le fantasme et la réalité devient de plus en plus floue.

Grâce aux Chroniques de Cliffhanger, j’ai eu la chance de voir le film en avant-première dans le cadre du festival Paris Cinéma, présenté par le réalisateur Ari Folman lui-même, qui nous a dit avoir pris quelques libertés avec l’intrigue originale du roman de Stanislas Lem dont le film est une adaptation, et avoir vu dans la science-fiction une façon de s’évader après Valse avec Bachir. Le congrès n’est pas pour autant un film léger, ni facile d’accès : je l’ai aimé pour les mêmes raisons qui m’ont fait adorer No, à savoir toutes les pistes de réflexions qui en découlent.

Porté par une musique qui sait se faire tour à tour épique et bouleversante, Le congrès va jusqu’au bout des possibilités offertes par l’animation : rajeunir ou même ressusciter légendes du grand écran et figures mythiques et/ou mythologiques, repousser les limites du réel, et surtout cumuler les métaphores au service d’une réflexion sur l’éthique et les avancées technologiques, l’avenir du cinéma, et bien sûr le vieillissement. Faut-il choisir l’art et l’imagination comme échappatoires à la réalité au risque d’ignorer la vérité ? Jusqu’à quel point l’identité d’un acteur lui appartient, est-elle construite de toute pièce par l’industrie cinématographique, les médias, les constructions imaginaires du public ou l’individu a-t-il encore prise sur son image ?

Peut-être (sans doute) verrez-vous encore d’autres questions dans Le congrès : après tout, à chacun son interprétation, ses projections en fonction de son vécu. Et si vous avez de la chance, vous en sortirez même dans cet état de flottement qui laisse la place à l’imagination pour remplir le vide d’un trajet en métro de fleurs, d’animaux étranges et de stars de cinéma. Une chose est certaine, vous n’en sortirez pas indifférent.

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Lettre ouverte à Angus Stone

Angus a le poil fou, mais c'est ce qui fait son charme.

Cet article aurait aussi bien pu s’appeler « Angus Stone, épouse-moi, je t’apprendrai à te raser, je t’offrirai un peigne et je te suivrai en tournée dans un minivan », mais je ne suis pas sûre que je pourrais me remettre psychologiquement en cas de rejet.

Cher Angus,

puis-je me permettre de te tutoyer ? Comme tu me susurres « my lover, my lady river » dans les oreilles et cela me rend toute chose depuis deux bonnes semaines, quand je prends ma douche, pendant que je travaille, sur le trajet du retour où tu m’accompagnes, je crois que cela fait sans doute de nous des intimes.

Angus, en fait je te connais depuis longtemps, si mes souvenirs sont exacts je t’ai entendu pour la première fois dans la bande-annonce d’un film dont je n’ai retenu que ta chanson, Paper Aeroplane.

Pourtant je n’avais pas songé à explorer davantage ta discographie avant de tomber en amour pour Big jet plane, qui me réveille désormais tous les matins pour mettre un peu de douceur dans ce monde de brute.

Depuis j’ai consciencieusement composé des playlists sur mon fidèle iPod et mes sites de streaming favoris qui me permettent d’écouter le son de ta voix qui m’emplit de sentiments délicieux sans devoir zapper toutes les chansons interprétées par ta soeur (pardonne-moi Julia, je te promets de faire un effort si on devient belles-soeurs un jour). Mon très cher Angus, sache que je suis esbaudie par ta capacité à enchaîner ballades tendres, reprises guillerettes et chansons plus rageuses (oui, Lady of the sunshine, c’est encore toi) avec la même virtuosité.

So Happy Together by Angus Stone on Grooveshark

Smoking Gun by Lady Of The Sunshine on Grooveshark

Et que dire de cette délicate reprise d’une chanson de Tim et Neil Finn en duo avec ton compatriote australien Paul Kelly sinon qu’elle m’enchante ?

Four Seasons In One Day by Paul Kelly & Angus Stone on Grooveshark

Alors Angus, pardonne l’audace d’une petite Française qui a eu la révélation de ton existence trop tard et a manqué tes lives parisiens en début d’année, et qui te supplie humblement de revenir vite. Merci par avance.

Amoureusement,
Ta dévouée blogueuse.

Quant à vous lecteurs, parce que je vous aime aussi fort que j’aime Angus (ce qui n’est pas peu dire), je vous offre une double dose de bonheur : le merveilleux Angus Stone + la douce Soko = la perfection faite vidéo.

Post blogum : une jolie série de photos pour les internautes qui cherchent frénétiquement Angus Stone sans sa barbe quelle barbe, je suis comme un chien sans puce

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