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Quand la Chine s’éveillera, ton dos tremblera

Pour vous décrire à quel point je suis douillette, je me comparerai au plus célèbre chef gaulois de la bande dessinée, qui dans Le bouclier arverne est pris d’une telle crise de foie qu’une feuille tombant sur son ventre le fait hurler de douleur.

Je suis une authentique petite nature, sensible au chaud, au froid, au sec et à l’humidité, couvertes d’hématomes au moindre choc et généralement peu attirée par les massages appuyés. Les techniques de massage asiatiques donc, réputées pour leur agressivité sadisme férocité dynamisme, font partie des rares spécialités made in Asia qui chatouillent peu ma curiosité.

Las, ces derniers temps, le stress, mon sac trop lourd et mon maudit bureau aidant, mon dos me fait tellement souffrir que j’étais résignée à souffrir une demi-heure s’il le fallait pour être soulagée à long terme.

J’ai donc pris rendez-vous pour un massage du dos chez Lanqi, où l’on pratique également d’autres méthodes telles que les ventouses (qui ressemblent à un pot de crème aux oeufs en verre dans lequel on fait brûler quelque chose pour qu’il se produise un effet de succion lorsque l’air s’épuise) ou le gua sha (cela consiste à vous racler très fort la peau pour vous soigner, j’incite les âmes sensibles à s’épargner le détour par Google images).

J’ai rapidement été amenée dans l’une des cabines (séparées par des rideaux. À la minute où vous entendez votre voisine protester « ah non, pas la tête », vous savez que si vous êtes trop chochotte, tout Neuilly vous jugera).

Sans transition, ma masseuse a vigoureusement massé mon crâne (j’ai eu les cheveux façon Tina Turner pour le reste de la journée), ma nuque puis mon dos. Avant d’arriver, mes douleurs étaient telles que j’imaginais que ce serait merveilleux si on pouvait sortir le muscle sournois planqué sous mon omoplate pour lui apprendre à rester à sa place. Et bien ma masseuse, elle, l’a traqué, trouvé, et torturé jusqu’à ce qu’il avoue où étaient cachés tous ses camarades résistants. Je me suis découvert tout un maquis dont j’ignorais jusqu’alors l’existence. Je crois que j’aurais préféré rester dans l’ignorance, d’ailleurs, parce qu’à ma sortie, me sentant telle un morceau de viande qu’on a battu pour l’attendrir, j’ai mis deux jours à m’en remettre.

Est-ce que je recommande, donc ? Tout dépend de ce que vous évoque cette scène d’Oscar.

Je conclurai sur cette phrase de ma masseuse, mon nouveau leitmotiv :

Faut détendre. Dos tout dur, on dirait caillou.

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