Réinventer les classiques Disney ? Où il est question de Lewis Trondheim, de Ducktales nouvelle génération, et d’un Mickey steampunk

Parlons peu, parlons canards.

Parlons de Mickey, aussi, qui à bientôt 90 ans a toujours ses jambes de souriceau. Lui comme Donald courent toujours, envoyés aux 4 coins du globe par les éditions Glénat. On devait déjà à ces dernières de superbes rééditions des meilleures BD Disney, notamment de la Jeunesse de Picsou par Don Rosa (dont, je radote, je suis une fan absolue) et de l’intégrale Carl Barks.

Leur nouvelle ambition : donner une nouvelle jeunesse aux personnages les plus emblématiques du Disneyverse.

Dans le cas de Mickey, c’est le dessinateur italien Sylvio Camboni et le scénariste Denis-Pierre Filippi, qui ont déjà collaboré ensemble sur Le voyage extraordinaire, qui relèvent le défi.

Je tire mon chapeau imaginaire à Monsieur Camboni : mais quelle beauté ! Cet univers steampunk, ces décors à couper le souffle, ce sens des détails… Waouh.

Mais peut-être que cela aurait dû se limiter à un album d’illustrations. J’ai recensé bon nombre de fautes dans les bulles, en décalage complet avec un discours pseudo-scientifique inutilement complexe, à l’image de l’intrigue. N’est pas Jules Verne qui veut (moi par exemple, je voudrais bien, mais je me suis résignée.)

Le constat est sensiblement le même pour Donald’s Happiest Adventure, avec Lewis Trondheim au scénario et Nicolas Keramidas au dessin.

Le postulat de départ est alléchant et le dessin réjouissant, avec un bel hommage aux albums Disney qu’on (enfin, les auteurs et moi, en tout cas) collectionnait dans notre enfance. Mais le tour d’horizon philosophique offert par la quête de Donald a beau être une intention louable, la conclusion de l’aventure est un peu simpliste.

Deux très beaux albums quoi qu’il en soit, même si leurs histoires respectives ne m’ont pas transportée, je les garde précieusement pour l’amour de l’Art !

Ici intervenez-vous, chers lecteurs, pour me rappeler que j’ai parlé de Ducktales dans le titre et que jusqu’à présent, on vous a menti et spolié, quand diantre est-ce qu’on va parler de La Bande à Picsou, bon sang de bonsoir ?

Eh bien, maintenant.

Vous n’êtes pas sans ignorer que la série Ducktales a elle aussi subi un lifting. L’annonce m’avait remplie de joie, le casting m’avait enthousiasmée : David Tennant (si vous n’avez jamais vu Doctor Who, c’est en commençant par sa première saison en tant que Docteur que vous avez le plus de chances d’accrocher), Danny Pudi (hilarant dans Community), Ben Schwartz (que j’ai découvert pour ma part dans Parks and Recreation)…

Mais je suis encore partagée sur mon opinion sur la série. Jusqu’où peut-on aller pour effacer les rides sans perdre ce qui fait le charme ? Ne suis-je qu’une Gauloise réfractaire au changement ? Au prétexte que j’aime une oeuvre et qu’elle est antérieure, serait-elle plus légitime qu’une réinvention ?

Entendez-moi bien, il y a des choses que j’aime beaucoup dans ce Ducktales 2.0. Le thème musical et le character design plus punchy. Les personnalités plus poussées de Huey, Louie, Dewey et Webbie (Riri, Fifi, Loulou et Zaza, en Français). Certains épisodes, comme celui sur le golf avec clin d’œil à My Little Pony, sont de véritables pépites.

Mais j’ai souvent le sentiment que contrairement à Picsou, les créateurs de la série n’ont pas l’Art de faire bon usage des trésors du passé. On sent que pour faire plaisir aux fans, ils ont puisé dans le répertoire de références des plus grands (et oui, je fais encore allusion à Don Rosa, notamment) sans exploiter leur plein potentiel. Et si encore c’était pour faire gagner les personnages en profondeur et ajouter de l’humour…

Mais que ce soit pour le traitement du personnage de Goldie O’Gilt (Meg Ryan n’a pas autant abusé du botox. Pourquoi ? Goldie peut être badass, âgée ET toujours séduisante.) ou de Donald Duck (sacrilège ! Je n’en dirai pas plus, ce blog est spoiler-free), je n’ai pas trouvé qu’on y gagnait au change.

Je ne suis pas non plus convaincue par les facilités scénaristiques prises pour expliquer l’âge canonique des personnages : hop, une vague histoire de surnaturel et une référence à une mythologie exotique, ça répond à tout. J’aurais préféré qu’on ne m’explique rien, en fait.

Il n’empêche qu’arrivée au bout de cette première saison, j’en redemande. Je continue à attendre avec impatience les prochains épisodes comme un chercheur d’or, en espérant plus de pépites que de cailloux.

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