Sous les couvertures – Bertrand Guillot

Sous les couvertures Bertrand GuillotMa première expérience des Matchs de la rentrée littéraire, c’était avec Rome en un jour de Maria Pourchet. Je ne suis fort heureusement pas restée sur ce pénible souvenir et j’ai répondu présent à l’appel du sympathique organisateur chez Price Minister. Le choix fut difficile et j’ai longuement hésité entre l’histoire romancée de la belle Aliénor d’Aquitaine, et celle d’une librairie dont les occupants de papier se révoltent pour obtenir autant de visibilité que les best-sellers.

C’est finalement Sous les couvertures qui est arrivé dans ma boîte aux lettres, et qui m’a fait une première impression favorable rien que par sa jaquette colorée.  Comme il paraît que ce n’est pas là-dessus qu’il faut juger les livres, je m’en vais suivre les critères de notation des #MRL14.

Qualité de l’écriture : 4/5

Quand j’étais collégienne, j’avais un professeur de français dont la mission sacrée était de nous empêcher d’être redondant en farcissant nos copies de “voire même”. Mon combat à moi, c’est l’utilisation de verbes autres que des verbes de parole dans un dialogue. Tout ce que j’ai à reprocher à l’écriture de Bertrand Guillot, c’est un “sourit-il” suivant une phrase émise par son personnage principal.

C’est clair sans être simpliste, élégant sans fioritures pompeuses inutiles, émaillé de belles références, les passages de récit et les moments d’échange entre les personnages sont équilibrés. Et que de jolies maximes…

Pars à la rencontre de ton destin, et ne crains pas la tragédie, car elle seule est beauté.

Plaisir à la lecture : 4/5

En dehors d’un petit essoufflement du rythme lors de la bataille décisive, où l’on se perd un peu dans les actions des personnages, c’est du bonheur de bout en bout.

L’intrigue suit trois cercles de personnages en parallèle : les tenanciers d’une librairie et leurs proches, les livres rangés à l’arrière de ladite librairie, et les auteurs de ces livres. Les transitions se font avec souplesse et l’évolution de chacun d’entre eux sert un propos qui non seulement dénonce la vanité des salons littéraires et les contradictions qui ébranlent l’édition, mais qui propose également des solutions concrètes pour sauver les librairies de quartier.

Ils étaient comme tout le monde, les lecteurs, ils voulaient qu’on leur parle d’eux et qu’on les transporte dans des univers plus grands et plus beaux, ils venaient dans les livres parce qu’au fond ils n’aimaient pas les voyages organisés.

Originalité du livre : 4/5

Faire parler et se mouvoir les livres, les incarner jusqu’à leur permettre l’onanisme (littéralement), il faut avouer que c’est assez inédit. On peut reconnaître à l’écrivain la volonté de contourner les passages obligés et les poncifs, à moins que l’on se sente frustré par le dénouement – annoncé, mais pas déroulé.

­­­— Et tu ne sais pas quelle fin il a choisie ?
— Non. Qui s’en soucie ? La vie est dans le début des histoires, Junior. Les fins ne sont jamais que de la morale.

C’est à regret que j’expédierai mon exemplaire aux blogueurs sur liste d’attente, et je lirais volontiers Le métro est un sport collectif, recueil de nouvelles dont le titre m’attirait déjà, mais qui a désormais pour lui l’atout supplémentaire que j’ai apprécié une autre œuvre de son auteur !

Post Blogum : et pour les participants des #MRL14 qui ont choisi Le Roi disait que j’étais diable, j’ai hâte de savoir ce que vous en avez pensé !

 

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5 commentaires

  1. Je dois avouer que le résumé ne m’attirait pas mais la critique que tu en fais, oui ! Je vais donc noter sur ma liste de pense-bêtes 😉 . Pour ma part, j’ai lu “Le roi disait que j’étais diable” dont j’ai publié la critique la semaine passée. Je t’ai mis le lien dans le comment luv 😉 Bonne soirée.
    Mariposa Articles récents…Le roi disait que j’étais diable – Clara Dupont-MonodMy Profile

  2. Moi aussi j’ai trouvé que le côté épique prenait trop de place et s’essoufflait, mais la reste est bien sympathique à lire 🙂
    Leiloona Articles récents…Un monde flamboyant, Siri HustvedtMy Profile

  3. Une belle lecture, très originale !
    Séverine Articles récents…"Sous les couvertures" de Bertrand GuillotMy Profile

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