Le bonheur, c’est surfait. Cherchez le sens.

lecture

À en juger par son titre, son petit format et sa couverture, Le bonheur : un idéal qui rend malheureux pourrait passer pour un bouquin de développement personnel de seconde zone.

Ne vous y trompez pas : Wilhelm Schmid est un philosophe allemand tout ce qu’il y a de plus crédible, et ce sont pour moi les 14 € les mieux dépensés en bouquin ces derniers mois, achat motivé par un article de Claire Darfeuille sur Actualitte.

Pourquoi revenir sur la philo après le bac, me direz-vous ? Parce que l’approche de Wilhelm Schmid est concrète, ne s’encombre de citations d’auteurs poussiéreux que lorsqu’elles illustrent de façon pertinente son argumentation (et plus par respect de la paternité des propos que par pédantisme), et parce que soit c’est fort bien traduit, soit c’est écrit avec une simplicité à vous donner envie de vous remettre à l’allemand pour lire en VO ses autres ouvrages sur l’Art de vivre, pas encore traduits en français.

le bonheur wilhelm schmidL’Art de vivre selon l’auteur, consiste à faire de sa vie quelque chose de beau, or “Ce qui est beau, c’est ce qui paraît digne d’être approuvé”. Par conséquent, ce qu’il faut chercher en priorité n’est pas le bonheur, état forcément temporaire :

 Le plus important, dans la vie, c’est donc le sens à tous les niveaux possibles : l’abondance de la sensualité dans le corporel, l’abondance de la sensation dans le spirituel, l’abondance de la pensée dans l’intellectuel, l’abondance des expériences de la transcendance dans le métaphysique, pour recenser de manière exhaustive tous les niveaux du sens.

Digne héritier de la francophilie paternelle, Wilhelm Schmid a dûment étudié Michel Foucault avant d’en arriver à une philosophie d’une logique parfaite, mais adaptée à nos préoccupations modernes, humaine, accessible, et qui permet de repositiver le quotidien en revoyant nos priorités.

De notre vision de nous-même à notre travail en passant par nos relations aux autres, la quête du sens devient une réponse évidente à chacune de nos questions existentielles, que ce soit à l’échelle de la société ou celle de l’individu.

 Il existe une grande différence entre le bonheur et le sens : quand on cherche le bonheur dans une relation amoureuse, on peut se retrouver très malheureux si le bonheur n’est pas au rendez-vous ou s’il marque une pause – ce qui, chacun le sait, arrive fréquemment. Une telle situation sonne déjà souvent la fin de la relation en question. Celui qui, en revanche, est persuadé que la relation avec cette autre personne a un sens dans tous les cas peut bien supporter des périodes malheureuses au cours desquelles les sentiments s’étiolent ou, même, sont déçus.

Source photo : Alegna13 (Own work) [CC-BY-SA-3.0], via Wikimedia Commons

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