Quelque chose en lui de Bartleby – Philippe Delerm

Lecteur, je vous invite dans ma salle de bains.
Vous visualisez la baignoire, les étagères chargées de cosmétiques, et les petits paniers remplis de vernis à ongles, vous sentez l’odeur de bain moussant qui flotte dans l’air  ?

Votre dévouée blogueuse est devant son miroir, fort occupée à se brosser les cheveux, en évitant autant que faire se peut de hurler à la mort (quiconque n’ayant jamais eu les cheveux fins et bouclés ne peut comprendre mes souffrances) de sorte à pouvoir écouter la radio.

J’ai une très jolie radio, beige avec un petit côté rétro, fréquence arrêtée en permanence sur France Info. Ce qui me permet d’apprendre le passage à l’heure d’hiver le matin où je dois prendre l’avion, ou de parler de Jean d’Ormesson dont je n’ai pas lu un seul bouquin (mais je me rattraperai) en Grand Oral, ou encore d’écouter une interview de Delerm père, Philippe de son prénom et notamment auteur de La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules, dont on m’a dit le plus grand bien.

C’est ainsi que j’ai appris que le héros de Quelque chose en lui de Bartleby, son dernier roman, se lançait dans l’écriture d’un blog, ce qui n’a pas manqué d’attirer mon attention.

J’ai donc congédié Dumas (dont le fils n’était qu’un misogyne de toute manière) et placé Delerm sur la liste de livres à lire et chroniquer pour mon challenge ABC.

Monsieur Delerm a la plume joueuse, c’est sensible. Les 149 pages que comptent le livre regorgent de  petites perles de phrases, qui prises isolément valent à elle seule la peine de le lire. Illustration :
“Au Luxembourg, au début du mois de juin, les poires ne sont encore que des espoirs de poires.”

Ou encore :

“Il éprouvait […] la délicieuse sensation de multiplier le pouvoir du présent par la tentation de le dire.”
Ce qui est, de mon point de vue, effectivement un des plus grands plaisirs qu’il y a à bloguer.

Hélas… On sent bien que l’on devrait s’attacher à Monsieur Spitzweg, en dépit de (peut-être même grâce à) sa médiocrité revendiquée. Et pourtant, rien n’y fait. Et puis, je n’ai encore jamais vu personne parler littérature et art à la pause déjeuner avec ses collègues. Je ne sais pas si je vais réussir à faire passer ce qui me gêne, mais il semblerait que l’auteur veuille éviter à tout prix la caricature “employé des postes = inculte”, ce qu’il aurait pu réussir en dosant un peu plus subtilement les qualités et défauts de ses personnages. En ne chargeant pas Dumontier de tous les clichés qu’il a épargnés aux autres employés, par exemple…

Quant à l’analyse du blog et de ce qu’il change dans une vie, ma foi, elle est assez superficielle, mais c’est lié à l’utilisation qu’en fait le héros – à mes yeux, il ne va pas jusqu’au bout de l’aventure.

Les amoureux de Paris y trouveront néanmoins un hymne à la ville.

Rentrée littéraire oblige (encore d’actualité au moment où j’ai acheté le livre), les avis sur Quelque chose en lui de Bartleby ne manquent pas sur internet, sur le site du Monde ou du Figaro tout autant que sur la blogosphère qui lit. Où l’on remarquera que les points de vue, à quelques nuances près, se rapprochent du mien : un excellent style, une bonne idée de départ, mais peut mieux faire !

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2 commentaires

  1. J’organise un nouveau challenge susceptible de t’intéresser car il répertorie les coups de coeur de la blogosphère…@ bientôt !

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