Si j’avais su que j’irais étudier en Allemagne

Quand ma sacoche pour ordinateur, mon paquet de victuailles, mon sac à main et ma valise se sont éparpillés dans l’entrée du wagon chacun dans une direction, un monsieur en uniforme rouge m’a demandé si ça allait.

J’ai répondu non, une dizaine de chevaliers servants (vive la France) se sont précipités pour hisser ma valise dans le compartiment pour les gros bagages, et l’uniforme rouge m’a regardée comme un bagage abandonné prêt à exploser pendant tout le voyage.

L’uniforme rouge ne pouvait pas savoir, que je me baladais avec une envie de pleurer contenue depuis la veille, parce que ma grand-mère va de plus en plus mal.

Il ne savait pas non plus, que je me suis levée à 4h45 du matin, que j’ai vu les portes du premier train que j’avais réservé se fermer sur mon nez et que je l’ai manqué à 10 secondes près, parce qu’on a eu droit à tous les feux oranges de Paris. Que j’ai donc échangé mon billet et attendu une heure et demi dans un café où le courant d’air était nettement moins chaleureux que le serveur.

En somme, mauvais départ.

Le bon côté de la chose, c’est que mon billet était en première classe. Petit déjeuner copieux à l’allemande (fromage et charcuterie), personnel aux petits soins (quoique circonspect avec la suicidaire potentielle), à la différence de l’Eurostar, dans le Thalys, le passage dans un autre pays se ressent physiquement.

Je suis arrivée à Cologne le coeur battant. Le train pour Bonn avait une demi-heure de retard. Mon premier échange avec un Allemand, ça a été “sorry”. Un réflexe idiot. Depuis, je parle toujours dans un curieux mélange, non pas de français, mais d’anglais et d’allemand. C’est d’autant plus curieux que c’est tout à fait involontaire…

Mon installation dans ma résidence étudiante a été tout aussi épique. Tous les bâtiments se ressemblaient, et j’ai abusé de la patience d’un étudiant en droit qui m’a guidée. Restait à attendre un coordinateur pour les étudiants étrangers… La première m’a serré la main (bienvenue en Allemagne), et s’est esquivée pour travailler. La deuxième, je l’ai attendue plus d’une heure. La troisième est venue quand, vaguement énervée, je suis allée me plaindre à la gérante du bâtiment.

Finalement, après maintes spéculations, j’ai mon appart. Aussi spacieux que mon appartement toulousain, mais mieux équipé en matière de rangement, je vois le Rhin depuis ma fenêtre, et surtout, pour la moitié du loyer que je payais au foyer !

Prochaine mission : aller en cours le lendemain matin…

Ben je me suis perdue.

Il faut dire que la visite du campus avait lieu APRES mon premier cours, et que l’université possède des bâtiments en civil à chaque coin de la ville.

Ca a bien fait marrer tous mes petits camarades Erasmus.
J’ai sympathisé avec une turque marxiste et une suédoise timide, on est allées dans un café et je me suis demandé pourquoi le monde entier voulait que je trompe mon copain.
Après une première Kölsch, je me suis faite draguer par un étudiant en médecine autrichien.
J’ai utilisé mon vocabulaire et commandé une brune. J’ai bondi quand ils ont diffusé “The Guns of Brixton” et me suis lancée dans un long monologue sur les Clash. Ca y est, ils savent que je suis monomaniaque.
Quand j’ai fini ma bière blanche et entendu Freddie Mercury, je peux vous jurer que la dernière chose à laquelle je pensais, c’était tromper mon copain. Alors le futur toubib s’est tourné vers la lituanienne pendant que je pianotais des SMS.

Don’t stop me now – Queen :

Et puis je suis allée me coucher, assommée par un litre cinq de bière, deux jours de mésaventures en version originale allemande et cette phase de socialisation intense.
Je ne sais pas si c’était l’alcool, mais finalement, je n’étais pas mécontente de ma soirée.

 

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6 commentaires

  1. Mais c’est MA chanson, ça ! C’est vraiment pas juste de mettre ça quand je suis au boulot et que je ne peux donc décemment pas l’écouter maintenant 😐

  2. Oui mais c’est aussi ma chanson et moi j’ai le… euuuh… non en fait j’ai pas non plus le son au boulot. Je suis vexé.

  3. Ha non moi ce n’est pas ma chanson, non, non…Par contre j’ai le son. =D La vie est mal foutue par fois, n’est ce pas ?

  4. Moi je vote pour Hesyn parce que c’est elle qui m’a fait découvrir cette chanson…

  5. Ah ben du coup j’ai oublié de dire ce que je voulais dire. Très joli nouveau blog, j’aime beaucoup “le concept” !!! Longue vie à lui !

  6. Wouaaaah quelle aventure dis-moi! Autant de bon que de mauvais en somme =) J’aime bien ton racontage de life, je te mets en lien dans mon blog perso de suite pour suivre ça ^^

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