Julien Temple dépimente votre vie

Regarder un film de Julien Temple vous donne immédiatement l’impression que votre vie est d’une platitude navrante.


Glastonbury bande annonce VOST par Kmilleg

C’est plein de gens qui brûlent la vie par les deux bouts, ont la classe des vrais rebelles et l’air de ne même pas faire exprès.

Prenez Joe Strummer, héros de The Future is unwritten (dont Julien Temple dit, dans une très bonne interview, qu’il voulait que quelqu’un qui n’aie jamais entendu parler des Clash sache comment ça s’est passé. Et c’est réussi. Cela dépasse peut-être même les Clash, voire la musique. C’est une plongée dans l’état d’esprit des 30 dernières années si mouvementées du XXème siècle.) et apparition remarquable dans Glastonbury (7 salles en France diffusent TFIU, 2 seulement Glastonbury. Dont une dans MA ville. Où il y a tout ce qu’il faut, sauf Idole Absolu, mais je ne désespère pas.)

Ou Michael Eavis, le fermier qui a organisé le festival de Glastonbury sur ses champs. J’ai passé tout le film à me demander à qui il me faisait penser. Et ce matin, en voyant le chauve barbu qui prend le même TER que moi, ça m’est revenu.

EavisLocke

Vous sortez du cinéma, ce sont vos héros, des visionnaires, des humanistes.

Mais Julien Temple a pris soin de vous les présenter avec suffisamment de faiblesses pour qu’ils restent des humains et que votre admiration ne soit pas ternie par un désagréable sentiment d’avoir adopté un point de vue comme une marque de lessive. *

Vous me direz, ceux-là sont célèbres… Mais Julien Temple sait rendre n’importe quel pékin venu se défoncer oreilles et foie à Glastonbury charismatique.

Plusieurs solutions.

Soit vous choisissez de passer à côté d’un cinéaste de génie, pour vous contenter de votre vie telle qu’elle est.

Soit vous prenez le risque, vous trouvez votre vie piteuse, et vous déprimez.

Soit vous vous promettez d’oublier vos complexes, vos peurs et votre éducation, et de vivre, enfin. Merci qui? Merci Julien!

* Moi aussi, je sais faire. Alors je vais ajouter un bémol à mon éloge dithyrambique à Monsieur Julien. Je n’ai rien compris (si tant est qu’il y avait quelque chose à comprendre, le chaos total de ce film semblant être voulu) à “The Great Rock’n’roll Swindle”. Tout ce que j’ai tiré du film, c’est le sentiment plus vif que jamais que ma fascination pour les Sex Pistols était terriblement en contradiction avec mon éducation et style de vie, à l’exception de mon goût prononcé pour le bruit. Mais à sa décharge, “La grande arnaque du rock’n’roll” (littéralement) était son premier long métrage. Je meurs d’envie de donner une seconde chance à l’association Temple/Sex Pistols avec The Filth & the Fury (traduit “l’obscénité et la fureur”, ça fait tout de suite moins rock’n’roll, pas vrai?)

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